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Publié le 08 mars 2010

Le thème de la sécurité sera l'un des thèmes prioritaires du Mouvement Réformateur à l'occasion du prochain contrôle budgétaire qui aura lieu dans le courant de ce mois de mars, tout comme le sera la mise en œuvre de la réforme des services de secours, a annoncé Didier Reynders, Président du MR, Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances.
«L'effort fédéral visera notamment à dégager les policiers de certaines tâches, ainsi qu'à apporter des garanties en termes de recrutement,» a indiqué le Président réformateur qui prenait la parole samedi à «L'Université d'Hiver» organisée par le MRLB à l'Abbaye de Forest. Cette matinée de réflexion, placée sous la houlette de la Présidente du MRLB Françoise Bertieaux, avait pour thème «le boom démographique à Bruxelles» et a attiré, aux côtés de Corinne de Permentier, Xavier Baeselen, Vincent De Wolf, Marion Lemesre, Alain Destexhe, Françoise Schepmans, Philippe Pivin, Olivier De Clippele ou encore Anne-Charlotte d'Ursel, une foule considérable de mandataires, militants et sympathisants.
La situation socioéconomique, toujours l'une des préoccupations majeures du MR, a bien entendu fait elle aussi l'objet de nombreux échanges, Didier Reynders insistant une nouvelle fois sur la nécessité d'assurer une formation de qualité à tous les niveaux d'enseignement.
Le Président du MR a également évoqué à cette occasion le drame qui frappe de plein fouet le personnel de Carrefour, et a déclaré dans ce cadre qu'en période de crise, les moyens de l'Etat devaient être réservés par priorité aux entreprises connaissant de véritables difficultés et qu'il fallait, également, prendre des mesures pour renforcer l'accompagnement des chômeurs.
A ce propos, Didier Reynders a précisé il y a peu dans une interview exclusive au Soir qu'il n'était pas question que l'Etat finance les prépensions chez Carrefour.

«L'entreprise est bénéficiaire, qu'elle assume... Une entreprise qui fait des bénéfices peut donc se restructurer mais doit alors prendre le passif social à sa charge, et il faut aussi que l'on ouvre le débat sur le régime actuel des prépensions,» a dit en substance Didier Reynders.
Bref, l'entreprise bénéficiaire qui veut restructurer peut le faire mais doit en supporter les conséquences:
«Je l'ai dit aux responsables d'Inbev et de Carrefour. Ces entreprises annoncent, en vertu de la loi Renault, des pertes d'emploi : 267 chez Inbev, plus de 1.600 chez Carrefour. Ce qui me sidère, c'est ce que j'entends: 'N'essaierait-on pas de leur réclamer des choses qu'ils ont reçues, en Belgique, par le passé ?'. Leur permis de construire peut-être ? On peut aussi détruire leurs magasins tant qu'on y est... Franchement, cela n'a aucun sens ! Sur le plan fiscal, on n'a pas donné un avantage spécifique à cette entreprise, on a appliqué la loi. Pour les aides à l'emploi, là, j'ai toujours dit qu'il faudrait prévoir, dans les clauses des aides locales, une possibilité de retrait... Il faut dire à ces entreprises : vous pouvez faire votre restructuration, mais le passif social, vous allez le supporter vous-même. D'abord, il faut éviter au maximum les licenciements. Je pense que chez Inbev, c'est possible à 100 %,» a expliqué le Président du MR.
Et pour Carrefour?:
«L'entreprise est bénéficiaire... Pour l'instant, ils font de la pub sur les chaînes françaises: 'Carrefour, le positif est de retour'. Dur, pour le personnel en Belgique... Mais le positif, ça veut dire qu'ils sont en bénéfice ! Le groupe nous dit par ailleurs : on va investir 300 millions d'euros dans de nouveaux magasins. Là, désolé... Il faut leur dire: 'Avant d'investir dans un nouveau décor, une nouvelle campagne de publicité, vous allez payer votre passif social'. Pourquoi est-ce que l'Etat ou la Région devraient venir aider ? Clairement, je mets sur la table le dossier des prépensions. Envisage-t-on vraiment de payer les prépensions de Carrefour ? Ou va-t-on oser dire à Carrefour : c'est vous qui allez payer ça, puisque vous êtes bénéficiaire»?, demande Didier Reynders.

Nous revenons à la sécurité et aux services de secours. Alors que le budget fédéral a été conclu pour 2010 et 2011, le Gouvernement doit à présent établir des priorités.
«Nous ferons de la mise en œuvre de la réforme des services de secours une priorité du prochain contrôle budgétaire de ce mois de mars, et plusieurs niveaux de pouvoir devront montrer leur volonté réelle de soutenir les services de secours. Le Fédéral doit en tout cas montrer l'exemple en prenant des initiatives dès 2010,» a souligné le Président du Mouvement Réformateur.
Le Gouvernement a conservé, dans le cadre de ce contrôle budgétaire, une enveloppe de 100 millions d'euros qui devront être affectés à la police et aux pompiers.
L'actualité de ces dernières semaines a encore davantage mis en lumière cette nécessité : le travail des services de secours s'est révélé déterminant dans le cadre de l'explosion de l'immeuble de la rue Léopold à Liège, de la terrible collision de trains à Hal/Buizingen, mais aussi dimanche dernier lors de la tempête qui a traversé le pays.
L'amélioration de la sécurité dans tout le pays, et à Bruxelles singulièrement, reste plus que jamais une des préoccupations majeures du MR.
Pour le Président du MR, « il ne s'agit plus de se contenter d'une politique de constats », pointant ici du doigt certains discours des autorités régionales bruxelloises, et c'est pourquoi il défendra auprès de ses collègues une action concrète au niveau du Gouvernement fédéral dans les prochaines semaines.
Le dramatique hold-up d'Uccle ce vendredi vient encore de démontrer tragiquement l'impérieuse nécessité de réagir. Dans ce contexte, Armand De Decker, Président du Sénat et Bourgmestre en titre d'Uccle, a fait part de toute son «inquiétude» et a annoncé qu'il entendait proposer la création d'une section anti-banditisme dans la zone de police Bruxelles-Est (Auderghem, Uccle, Watermael-Boitsfort). Le Bourgmestre d'Uccle regrette le manque de prisons et de centres fermés à Bruxelles, qui, selon lui, crée un «sentiment d'impunité,» car «certains auteurs de sac ou de car-jacking sont trop souvent libérés 24 heures après leur méfait par décision du juge car il n'y a pas de place dans les centres fermés ou les prisons.»
A propos de l'enfermement, Didier Reynders a enfoncé donc le clou, au nom du Fédéral:
«Qu'il y ait d'autres mesures que l'enfermement, on le sait ; mais on sait aussi qu'il y a trop peu de places en centres fermés. Nous sommes prêts à investir, nous avons prévu les montants, mais si à la Communauté française, la Ministre continue à dire 'on étudie, on verra', on ne va pas construire ce bâtiment,» a martelé le Président du MR.
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